
Le 27 janvier dernier, l’Hôtel du Département a accueilli une conférence de premier plan organisée par la Maison de l’Europe Pyrénées Méditerranée. En partenariat avec l’Institut Jacques Delors, cet événement a permis de décrypter les dynamiques qui poussent aujourd’hui l’Union européenne à envisager un nouvel élargissement vers l’Est et les Balkans. Devant un public attentif réuni dans le Hall Guy Malé, Sébastien Maillard, conseiller spécial au sein du groupe de réflexion fondé par Jacques Delors, a partagé son analyse sur une Europe en pleine mutation.
Loin d’être une simple question technique, l’intégration de nouveaux États membres touche au cœur même du projet européen. Sébastien Maillard a rappelé que l’élargissement n’est pas une conquête mais une démarche souveraine fondée sur le consentement. Le cas de la Norvège, qui a refusé par deux fois l’adhésion, ou celui du Royaume-Uni avec le Brexit, illustrent cette liberté fondamentale qui définit notre modèle. L’adhésion à l’Union européenne poursuit également un premier objectif fondamental : rejoindre un espace de paix.
Pourtant, vouloir entrer dans l’Union ne suffit pas, il faut aussi le pouvoir. L’expert a insisté sur la rigueur des critères de Copenhague. Au-delà de la géographie, les candidats doivent prouver la solidité de leur démocratie et leur capacité à adopter des milliers de lois européennes. C’est un travail colossal de mise à niveau qui attend des pays comme le Monténégro ou l’Albanie. Cette exigence est la garantie que l’arrivée de nouveaux membres ne viendra pas fragiliser les équilibres actuels, une crainte souvent exprimée sous le terme de capacité d’absorption de l’Union.
Le contexte géopolitique actuel, marqué par le conflit en Ukraine, a transformé ce qui était autrefois un processus lent en un enjeu de puissance. Sébastien Maillard a souligné que l’adhésion est désormais perçue comme un facteur de stabilité et d’attractivité économique. En rejoignant l’Union, un pays offre un cadre juridique sûr qui rassure les investisseurs. Si le chemin reste long, notamment pour éviter le découragement des pays candidats de longue date, l’idée d’une adhésion graduelle semble s’imposer pour maintenir une dynamique positive. En fin de compte, l’Europe de demain se dessine plus vaste, non pas par ambition territoriale, mais pour affirmer sa place dans un monde en mouvement.
La conférence s’est conclue par un moment d’échange entre les auditeurs, les membres de la Maison de l’Europe et M. Maillard. L’occasion de parler de l’actualité européenne mais surtout de l’Europe en Catalogne.
